lundi 19 septembre 2016

La Relation

Une sorte de mazagran en céramique japonaise finement ornée, empli de café froid et sucré, à la main, il s'était appuyé contre le chambranle de la porte-fenêtre du salon pour regarder les petites feuilles des arbres plantés dans le parc vibrer sous l'action du vent venant du Nord, tout en scintillant vivement sous les premiers rayons du soleil. Il aurait aimé qu'elle se tienne souplement appuyée contre lui pour qu'ils observent ensemble, depuis le quatrième et avant dernier étage de l'immeuble, le jeu des lumières et des ombres matinales. Aimé, qu'ils puissent voir d'un même regard l'arène du parc surplombée par le bleu azuré du ciel strié de fines bandes roses crémeuses, ersatz cotonneux. Elle n'était pas là. Toute la longueur d'un vieux pays rance et moisi les séparait. Il alluma la première Winston de la journée et laissa son esprit prendre le large, tels les voiliers aperçus hier, vers midi, sur la plate Méditerranée. Il orienta alors ses vagues et onduleuses réflexions du côté de leur relation, leitmotiv de ses pensées. Où se trouvait l'originalité ? Était-elle réellement présente lorsqu'ils semblaient parfois la découvrir ? Oui, l'originalité était bien là, fluide et solide, chaude, vivante, haletante, presque palpable. La conquête de la relation avançait sans trop de peines. Elle marchait dans la bonne direction.